En dheepan d’inspiration, Jacques Audiard

dheepan-5.jpgMais que diable allait-il faire dans cette galère ?

D’autant plus qu’il l’a lui -même construite.

Le cinéaste doué qu’est Jacques Audiard a donc obtenu une Palme d’Or pour un film raté.

A voir « Dheepan« , on se demande si ce n’est pas un jacquot diard et non le réalisateur d »Un prophète » ou de « Sur mes lèvres » qui a réalisé ce long métrage ennuyeux sans queue ni tête. On a du confondre.

Bah… Ce qui est démontré c’est que le talent est fragile, et qu’il n’est jamais garanti. Des fois on se rate, voila tout. l’art n’a pas la régularité des arrêtés administratifs.

Pourquoi la Palme ? Sans doute la bonne conscience satisfaite de donner le prix à un film sur les réfugiés. Ou simplement l’envie de récompenser Audiard. Je suis allé lire la critique de télérama sur le film, qui s’est épuisée à trouver tout ce qui pouvait être sauvé de ce film-là, ce qui était doublement nécessaire : comment s’avouer déçu de notre réalisateur phare ? Comment critiquer un film qui parle de pauvres gens ?

Mais les bons sentiments ne suffisent pas à l’art comme la drogue ne garantit pas le jaillissement poétique.

 

Il s’agit de trois immigrés : un homme, une femme un peu plus jeune, et une pré adolescente, tamouls sri-lankais qui fuient la répression atroce et arrivent en France.Après avoir déposé leur demande d’asile, en faisant croire qu’ils constituent une famille et en racontant ce qu’on attend d’eux, alors que leur assemblage est parfaitement fortuit. Ils débarquent après leur périple dans une cité de banlieue particulièrement destroy.

 

Dheepan, le vrai faux père de famille, trouve un emploi de concierge de barres d’immeuble, et il est tellement invisible que les dealers du coin, qui tiennent toute la cité, jusqu’à la caricature – Audiard a oublié la subtilité de the wire ou ne l’a pas vu – le laissent bosser. Sa dite femme devient auxiliaire de vie dans l’appartement d’un caïd, et la petite entame son intégration scolaire avec succès.

 

Mais les problèmes vont commencer. L’ambiguïté du continuum qui mène de l’entraide à l’amour en passant par la solidarité et l’affection va surgir et compliquer leur vie. Et surtout la vie sociable, intenable, dans la cité, qui est présentée comme toute aussi violente que le sort réservé aux tamouls dans leur pays. De plus, la question est posée : faut-il continuer la lutte de loin ou tout oublier ? Si le film, humaniste, montre des aspects crédibles de la vie des réfugiés – il se trouve que je la connais relativement bien -, il verse malheureusement dans des impasses d’incohérence dont on peine à penser qu’Audiard ait pu s’y laisser aller. Il a délégué le film ? C’est franchement étrange.

 

La vision de la cité est paranoïaque et fantasmée. Comme l’exercice du métier de concierge, qui ressemble à celui de mécano dans le titanic.  Dans cette cité il y a les trois tamouls et les dealers, un point c’est tout. C’est le vide. Ni habitants ni institutions.

Quand ça flingue à tout va, que ça brûle, il n’ y a ni police ni pompiers, ni enquête. On dirait ces mavais films à sensation sur la banlieue qu’on produit pour les ados en excès de testostérone. Il suffit de changer de chemise et on passe au travers d’enquêtes de police qui semblent d’ailleurs ne pas exister.

Audiard a du prendre comme conseiller un déclinologue tremblotant quelconque, doublé d’un ultra libéral. La France est présentée comme un pays en plein chaos alors que les réfugiés rêvent à l’eldorado anglais qui n’est pas présenté comme illusoire mais tout à fait réel. Ici c’est la barbarie, les règlements de compte qui se soldent par des hécatombes. L’Angleterre n’a ni drogue, ni problèmes sociaux, ni pauvreté. C’est ambiance golf et martini vodka avec james bond pour tout le monde !  On se demande pourquoi les politiciens anglais se disputent sans cesse la palme de la fermeté !

 

Le souci n’est pas l’irréalisme. On peut être irréaliste dans un cadre de référence irréaliste, c’est la loi de la fiction. Le souci est celui des mauvais films : l’incohérence. En l’occurrence l’irréalisme dans un cadre qui se veut réaliste. Les scènes de violence où le tigre tamoul doit, pour sauver sa « femme » utiliser son savoir-faire guerrier sont même ridicules à vrai dire. On dirait du Luc Besson d’art et essai.

 

Il y a aussi la mise en scène. Elle rend le film pénible. Il me semble, c’est une hypothèse, qu’Audiard a voulu transposer l’opacité de la jungle sri anglaise dans le nouveau monde des trois immigrés. Il y a peu de lumière, on est dans le noir et on discerne mal les mouvements, on ne sait pas toujours où on est, il y a une difficulté à se situer pour le spectateur qui ne prend nullement possession de la cité. Si telle était l’idée, je ne vois pas ce qu’elle apporte, esthétiquement ou sur le fond.

 

C’est un peu injuste d’avoir récompensé ce grand artiste à cette occasion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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